dimanche 21 mai 2017

La chapelle hexagonale Saint Erhard et les tours de l'abbaye de Combourg.

Passé la porte d'enceinte romane on accede a l'abbaye située sur la partie supérieure de l’éperon rocheux par un ingénieux et original dispositif.
en effet les bâtisseurs de l’église romane d'origine on imaginer d'accrocher au rocher la pente une chapelle hexagonale, l’accès au niveau supérieur se faisant par un escalier de pierre située sous la chapelle.


on ne connait pas exactement la destination de cette chapelle soit une chapelle votive ou une chapelle réservée aux dignitaires de l'abbaye, il est peu probable en effet qu'il se soit agit d'un baptistère.


La chapelle est totalement décorée d'une galerie avec arcature romane avec des chapiteaux cubiques surmontés d'un tailloir allongé en forme de marteau. Ce décor est également une particularité de cette chapelle et ne trouve que peu d’équivalent. La forme hexagonale selon le modèle du Saint-Sépulcre n'est pas sans rappeler les exemples d'Aix la chapelle ou d'Ottmarsheim en Alsace bien que cette chapelle de l’extrême fin du XIIe ou du premier quart du XIIIe, soit bien plus récente.



La galerie romane et ses chapiteaux rappelle aussi les modèles plus anciens d'Epfig ou Eschau en Alsace. Les chapiteaux cubiques sont décorés parfois d'un simple filigrane parfois de motifs géométriques, la forme du tailloir en marteau étant plus "ramassée".
L’intérieur de la chapelle que je n'ai pu visité n'est eclairé seulement par les petites fenêtres du deuxième étage .Le plafond a arcatures gothiques est soutenu par un seul pilier central; il existerait à l'interieur des restes de fresques romanes tardives.





Le cœur de l'abbaye dédiée à Saint-Laurent est occupé par la vaste nef baroque qui a remplacée au début du XVIIIe l’église romane. Cependant l'architecte de la nouvelle église a conservé les trois tours romanes d'origine qui couronnent tout l'ensemble monastique de leur puissance.
La grande tour occidentale est la plus grande et la plus ancienne et n'avait pas de fonction de tour-porche car il ne reste aucune trace d'entrée dans l’église de ce coté si ce n'est par l'ancien cloître.
Les deux tours orientales plus récentes sont aussi plus richement décorées, seuls les deux étages supérieurs on été conservés la base des tours semblant surgir de la maçonnerie de la nef baroque.

samedi 13 mai 2017

Combourg ;" La Jérusalem céleste" du Kocher .

Le titre de ce billet pourrait surprendre, mais c'est pourtant ainsi qu'est désigné dans la région la magnifique abbaye de la grande et de la petite Combourg; parfois aussi familièrement désignée sous le nom de GossComburg et qui est l'un des point fort de ce voyage dans le Bade-Wurtemberg.

Quand j'ai entrepris ce voyage, je dois avouer avoir fait preuve d'impréparation, j'ai laissé le cours à une relative improvisation ce qui n'est pas dans mes habitudes. J'ai ainsi seulement envisagé quelques lieux de résidence avec  des visites  qui me paraissaient incontournables, comme celles de Freudenstadt, Speyer ou Reichenau. J'ai parfois sous-estimé les distances car j’envisageai de pousser jusqu'au sud de la Bavière en passant par Brenz, ce à quoi j'ai du renoncer faute de temps. Cette forme voyage qui est aussi une forme de cabotage, a ma faveur depuis quelque temps, il favorise les découvertes mais aussi les rencontres et parfois de véritables " coups de cœur" comme ce fut le cas à Combourg. En revanche on manque parfois tel ou tel point d’intérêt comme ce fut le cas du monastère de la petite Combourg, on se dit alors que l'on reviendra dans ce lieu d'exception trop peu connu et qui portant hante encore mes souvenirs.

Enfin je dois déplorer un manque cruel de sources; les ouvrages en français sur cette partie de l'Allemagne sont rares et les livres en allemand difficiles à traduire et n'abordent parfois que succinctement l’étude de ces hauts lieux de l'art et de la chrétienté. Ces billets ne sont pas des travaux universitaires, ils sont destinés à la découverte et au partage mais je suis attaché à l'exactitude des sources et lorsqu'elles sont rares alors je me limite à celles qui sont fiables ce qui n'interdit pas aussi l’expression de mes émotions .Combourg offre en effet tout les plaisirs de la visite, un lieu remarquable et un ensemble de monuments exceptionnels et quelques merveilles à découvrir, presque aucun visiteurs, un accueil chaleureux et prévenant comme savent l'offrir nos amis allemands; c'est cela que j'aime partager au fil de plusieurs billets qui ne seront pas superflus tant la richesse de cette abbaye est grande.

L'abbaye de Combourg est une fondation bénédictine crée entre la fin du XIe siècle et le début du XIIe juchée sur un promontoire qui surplombe un méandre de la rivière Kocher à proximité de la ville de Schwäbisch Hall. Ce qui frappe d'abord est la majesté et l'impression de puissance de l'abbaye entourée de sa  muraille . La fondation fut rendue possible grâce à l'initiative d'un puissant seigneur, le comte Burkhard de Combourg-Rothenburg qui entreprit cette vaste réalisation en 1078 sous l'autorité de l’évêque de Würtzbourg. De santé fragile Burkhard soucieux de son salut éternel décida de la création puis de la donation de l'abbaye qui fut érigée au sein même de son château féodal. L'abbaye connu un grand engouement auprès de l'aristocratie pour devenir rapidement un chapitre noble. En dépit de la succession de plusieurs ordre monastiques pour l'administrer elle resta fermée aux ordres roturiers. Elle connu de grandes périodes de prospérité au XIIe et XIIIe siècles mais encore au XVIIIe siècle qui reprend la construction de l'abbaye et offre ainsi un site unique où se mêlent harmonieusement l'art roman et l'art baroque.

Le monastère a eu la chance d’être relativement préservée des guerres que ce soit la guerre de trente ans ou celles de la Révolution et de l' Empire mais aussi des deux conflits mondiaux.




Elle présente un ensemble cohérent de murailles construites entre le XIe et le XVIe qui entourent un ensemble complet de bâtiments et la majestueuses abbaye aux dimension de cathédrale dont la masse de la nef baroque et des trois flèches romanes dominent tout le paysage avoisinant.

L'on peu prendre le temps de faire le tour du chemin de ronde pour découvrir tous les bâtiments monastiques et la campagne avoisinante et peut être pourra-t'on découvrir à proximité l'église de la petite Combourg que je n'ai pas pu visiter.




L'entrée de l'abbaye une fois passée la porte d'enceinte se fait par une autre porte elle toute à fait romane et qui est un monument qui n'a pas d'équivalent .Elle se présente sous la forme d'une guérite surplombée d'une galerie et de deux tours romanes et encadrée de deux belles têtes de lions . La partie supérieure était sans doute également destinée à une chapelle dédiée à Saint-Michel. Si la nef de la chapelle à été totalement reconstruite ce premier bâtiment unique en son genre est un première émotion. C'est par cette guérite que l'on pénètre dans le cœur de l'abbaye qui conserve encore quelques belles surprises dont les reste du logis de l'abbé qui conserve une belle galerie romane.



vendredi 21 avril 2017

La Tour-porche de Schwäbisch Hall et la chapelle Saint-Jean Baptiste

Édifiée sur un promontoire au bord de la rivière Kocher, l'église Saint-Michel domine toute la petite bourgade qui s'est développée autour de la puissante abbaye de Combourg toute proche et au moyen-âge dans le commerce et l'exploitation du sel.

L’église a été consacrée en 1156 par l’évêque de Würtzburg mais ne conserve de la période romane que les massifs premiers étages d'un grand clocher porche qui domine encore plus de sa masse les maisons avoisinantes en raison de la construction du monument sur une éminence.


Le porche est soutenu par un pilier unique assez élégant par sa finesse mais dont les arcatures sembles avoir été abaissée ultérieurement . Il conserve encore un beau chapiteau à motifs géométriques. au pilier a été également ajouté une belle statue gothique d'un Saint-Michel ailé terrassant le dragon.


La partie la plus intéressante du porche est le grand portail ouest avec ses cinq voussures élégantes dépourvues de tout décor à l'exception des quelques décorations sommaires des chapiteaux. Il présente cependant un beau tympan avec une grande croix centrale entourées de rinceaux élégants probablement des sarments de vignes au sommets desquels quatre grappes de fruits s'articulent autour des bras longitudinaux de la croix. Cette décoration rarement utilisée serait peut être une allégorie du Christ et de la vigne ou de l'arbre de vie ou de l'arbre du Paradis.



La sculpture est parfaitement maîtrisée et d'une grande élégance et peut être rapprochée d'autres modèle voisins comme à Murbach en Alsace ou encore Murrhardt ou Rheinau au bord du lac de Constance. Elle s'apparente aussi à d'autres exemples de portails à motifs géométriques et végétaux de l'Italie du nord. Ce tympan datée de 1180 est cependant l'un des plus ancien de ce style dans la région.

Il convient aussi de noter l'importance de la petite ville de Schäbish-Hall qui était située sur la route de pèlerinage pour Compostelle mais était aussi une étape pour un pèlerinage important vers l'abbaye du Mont-Saint-Michel.

A la sortie sud de la ville on peut aussi visiter la modeste chapelle Saint-Jean-Baptiste au pied du monastère de Combourg qui conserve encore sont chevet et un petit clocher roman tardif.





jeudi 13 avril 2017

Murrhardt; une chapelle conçue comme un reliquaire et un beau tympan.

La visite intérieure de cette petite chapelle est assez révélatrice de l'intention des bâtisseurs et de sa destination commémorative. Il semble que celle-ci ait été conçue comme une reliquaire de pierre en l'honneur de Walterich, son fondateur, et pourtant curieusement ce dernier n'a pas été canonisé et la chapelle n'abrite pas sa sépulture..

Ainsi voila un écrin de la sculpture travaillé avec l'ardeur et la finesse d'un véritable reliquaire mais sans les ossements du personnage honoré lequel n'occupait aucune fonction principale au sein de l'Église et n’était pas davantage un martyr ou un bienheureux mais a été seulement  l'objet que d'un culte local. Il existe ainsi un contraste singulier entre le personnage somme toute modeste et la luxuriance du monument qui lui est dédié, d'autant que plusieurs siècle séparent la vie de Walterich et la date de construction de la chapelle.

Il existe ainsi au sein de l'Église médiévale des personnages singulier, faiseur de miracles dont la renommé à franchit les années au point de se voir dédier une monument commémoratif aussi remarquable pour la richesse de sa sculpture



L’ordonnancement intérieur de ce petit temple est particulièrement harmonieux, sa forme carrée est allégée par la voûte centrale dont les nervures en arcs brisés sont  supportés par des piliers d'angle aériens.
La décoration bien que luxuriante est essentiellement végétale ou géométrique à l'exception d'un visage qui apparaît au milieu du feuillage d'un des chapiteaux.



De chaque cote de la courte nef deux belle arcatures polylobées ont été réalisée au dessus d'un banc de pierre à destination des fidèles. L'abside en cul de four est dépourvue de tout décor à l'exception d'une frise qui encadre la fenêtre axiale et fait le tour des murs.




Moins connue, est la présence d'un beau tympan dans l’église voisine dédiée à Saint-Marie à proximité de l'actuelle cimetière et qui ne conserve rien de son passé si ce n'est un magnifique tympan.

De belle facture il semble plus ancien que la chapelle Walterich. En grès vert il représente l'Agnus Dei dans un cercle avec une dédicace gravée en latin et en grec. Dans un autre cercle plus petit est figurée un personnage féminin avec une inscription en grec " la mère de Dieu". Un troisième cercle lui représente une rose ou une marguerite. Une frise végétale entoure le tympan avec mêles au feuillage une animal peut être un lion et une tête barbue au longs cheveux qui semble souffler de sa bouche les rinceaux de la frise.

 Il existe peut d'équivalent à ce tympan dans la région de la Souabe, il pourrait dater de la seconde moitié du XIIe siècle et peut être rapproché d'autres tympans comme ceux de Rheinau au d'Enkenbach en Palatinat ou celui d'Elisabethenberg.
Si certains éléments de décor sont originaux ainsi que l'emploi du grec; on peut retrouver en Bourgogne quelques sources d'inspirations en particulier dans la sculpture du Brionnais.