dimanche 19 mars 2017

Saint-Pierre de Bad Wimpfen.

Au pied de la citadelle et avant le pont moderne qui traverse le Neckar  on peut faire une brève halte vers l'église Saint-Pierre.
Il ne reste de l'époque romane que le massif occidental le reste de l'église est gothique, mais l'aspect de cette haute façade très sobre encadrée de ses deux tours octogonales est de bel effet.

L'église est en fait installé au cœur de l'ancienne ville administrative construite par les romains à l'emplacement même du fort et du temple de la ville. La première église est sans doute très ancienne et est évoquée en 965 en tant que possession à l’évêché de Worms.

Le massif occidental que l'on découvre aujourd'hui est du XIe siècle c'est tout ce qui reste de l'église romane reconstruite au XIIIe siècle.

Le plan de cette église était assez original et inspiré de celui de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle. Une rotonde avec un chevet et trois absidioles était précédé de la façade actuelle et d'un atrium dont le mur nord a été conservé. On peu se faire une idée de ce plan dans la cathédrale de Essen dont j'ai déjà partagé la visite dans ce blog.Il faut aussi remarquer à l'interieur une galerie impérial qui surmontait l'octogone disparu il devait également y avoir comme à Corvey ou Saint-Pantaleon de Cologne une tour moyenne plus importante.

On peu regretter la disparition de cette rotonde, mais la façade  avec ses deux tours jumelles , son grand porche et son portail à triple voussures laissent une belle idée de l'aspect que devait avoir cette église avec ses lignes sobres et massives caractéristiques du premier art roman en Allemagne dit art Ottonien.





vendredi 17 mars 2017

Bad Wimpfen; la plus grande forteresse romane d'Allemagne.

Le site de Bad Wimpfen est connu dés la plus haute antiquité en raison sans doute de sa situation stratégique privilégiée sur une éperon naturel rocheux au dessus du Neckar route fluviale de première importance entre le nord-est de la France, le ville de Worms et l'axe du Rhin et la Bavière.
Les celtes puis les romains y ont laissés de nombreux vestiges dont seuls certains sont conservés dans le petit musée local.

Mais c'est sans doute des celtes, grands constructeurs d'oppida, que la ville doit son nom, et sa vocation de "mur sur la montagne " . Les romains construiront un pont sur le Neckar et étendront la ville au pied des fortifications qu'ils développeront .

C'est donc tout naturellement que les premiers francs puis leurs successeurs entreprendront la construction d'une forteresse sur le plateau. Mais c'est à Frédérique Barberousse que l'on doit le développement du lieu actuel pour en faire son palais et son château . En réalité c'est tout le couronnement de la montagne qui devint le palais de l'Empereur sur prés de 215 mètres de long et 88 de large il est le plus grand palais forteresse d'époque romane d'Allemagne.
Ce Palais est aussi l'un des plus grand chantier de la dynastie des Staufer  entrepris à un moment déterminent pour l'Empereur en butte aux querelles avec la Papauté et nombre de ses sujets, le château était donc a la fois une forteresse de repli mais aussi un centre de contrôle clé à la croisée des routes du nord de la France au nord de l'Italie et de l'axe du Rhin vers les grandes métropoles de Worms et de Cologne et du Danube d'est en ouest.


La construction à débuté sous le règne de Frederic Barberousse dans la deuxième moitié du XII e siècle et l'essentiel de la construction est attestée en 1182 quand l'Empereur y séjourne.

Les beaux restes du palais laissent deviner son importance. Sont essentiellement conservés les parties nord du bâtiment qui surplombent sur un éperon la vallée du Neckar. Il s'agit en fait d'une longue galerie à arcades double qui forme comme une terrasse et qui permettait de rejoindre le palais impérial et la chapelle privée de l'Empereur.


Chaque fenêtres de la galerie repose sur de colonnettes doubles parfois de forme complexe avec des chapiteaux cubiques où sont gravé des motifs géométriques.
Cette colonnade à été en grande partie reconstituée et on peut en voir les reste d'origine dans le musée .


La galerie se prolonge d'un bâtiment couvert qui bien que l'on en ait conservé peu de trace devait être une salle rectangulaire à usage de réception pour l'Empereur et sa cour et dépourvue de toute autre décoration. On peut cependant imaginer la présence de décorations peintes et de tapisseries qui devaient donner un tout autre lustre à ce bâtiment.


A l'extrémité est de la galerie se trouve la chapelle impériale surmontée d'un aigle au chevet et réservée à l'usage privé de l'empereur qui pouvait y accéder directement par une porte supérieure dans le prolongement de la galerie. L'intérieur qui est interdit a la photographie est là encore dépourvu de tout décor.



On peu encore dire que les fouilles ont révélés à l'ouest d'autres salles creusées au point le plus fortifié du bâtiment qui pouvaient servir de refuge en cas d'attaque.

Enfin il faut signaler au cœur de la forteresse un vaste maison romane cependant considérablement remaniée et transformée en musée. De nombreux vestiges d'époque romane y sont conservés en particulier de la colonnade du palais, mais aussi le poignées de bronze des portes ainsi qu'une copie des insignes impériales.



dimanche 5 mars 2017

Les énigmes du tympan de Saint-Ilgen.


A proximité de Speyer , dans les faubourgs de Leimen la petite ville de Sankt-Ilgen possède un curieux tympan seul reste d'un prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye de Sinsheim.
L'église dédiée à Saint-Aegidius ou Saint-Gilles à probablement été fondée au milieu du XIIe sur un plan basilical et totalement remaniée à la fin de l'époque gothique.

Il n'en reste qu'un beau portail occidental en grès rouge à triple voussures et sous un gâble. Les colonnes reposent sur des chapiteaux à feuillages simples qui sont de la même époque.



La partie la plus remarquable est le tympan qui vaut par l'originalité de son décor plus que pour la plastique de la sculpture qui peut paraître peu habile et éloigné d'un véritable souci de perspective.

Au milieu tympan trône sur un siège en "X" dans une position de bénédiction un imposant et hiératique personnage en costume liturgique entouré de deux autres personnages bien plus petit agenouillés et qui semblent comme flotter à ses cotés.

La sculpture du personnage est accentué pour en signifier l'importance, les traits du vêtement, de l'étole des mains , les yeux évidés presque sans expression en accentuent la dignité, même la tonsure, la barde et la pomme d’Adam sont dessinés. Tout donne un sentiment de puissance du personnage central qui n'est pas assis sur un trône épiscopal mais sur un siège à têtes de lions réservé aux personnages royaux , comme celui exposé au musée de Cluny à Paris.



Le trône de "Dagobert" Musée de Cluny, Paris.


Les tympans sculptés sont rares en Allemagne et le plus souvent figurent comme ailleurs en Europe le Christ ou la Vierge ou les apôtres . La représentation d'un personnage religieux est donc suffisamment rare pour être remarquée.

Reste donc la place à l'interprétation; le personnage central par sa position hiératique et dominante et en dépit de l’absence d'auréole ne semble pas être un religieux important mais peut être Saint-Gilles le Saint patron de l'église présenté comme l'allégorie du Christ lui même dont il serait l'intercesseur.
Cette interprétation est accentué par les deux personnages agenouillés . L'un est manifestement un évêque signalé par sa crosse, le second un civil peut être un prince ou un roi. Ainsi les deux pouvoirs temporel et spirituel rendent hommage à la puissance du Christ. Le Christ serait ainsi représenté comme un prêtre selon la tradition byzantine .



Il convient aussi de rappeler que Saint-Gilles était un Saint particulièrement vénéré , notamment en terre d'Empire et depuis Charlemagne.

mercredi 22 février 2017

Une des plus vaste crypte d'occident.


J'achève ici la visite de la cathédrale de Speyer par ce qui devrait être le commencement de la découverte; car en effet la crypte est la partie le plus ancienne de l’édifice, voulu avant tout comme le lieu de la sépulture impériale des empereurs saliques.

La crypte devait certainement adopter à l'origine le plan complet de la cathédrale mais aujourd'hui est "limité" au chœur et au transept ce qui est déjà particulièrement. Elle est composée de quatre salles de grandes dimensions qui reprennent le plan d'une croix latine au moins pour ses extrémités les plus courtes.


Elle demeure toutefois une des plus grande crypte encore intacte de l’époque romane avec une hauteur de plus de 6 mètres. Trois arcades sur piliers séparent les quatre salles chacun flanques de demie-colonnes qui servent de support à la nef. L'harmonieuse composition des piliers surmontés de chapiteaux cubiques décorés d'une simple moulure, donne l'impression de pénétrer dans une véritable foret voûtée de pierre.



L'alternance de pierres rouges et blanches des voûtes accentue encore l'impression d'harmonie et de force que l'on éprouve en visitant ce lieu.

Plusieurs autels étaient installés dans la crypte, dépourvus de toute décoration on ne sait à quel Saints ils étaient dédiés. La salle la plus orientale de la crypte possède des fonts baptismaux quadrilobés qui sont peut être parmi les plus anciens de la région.



Deux sculptures de lions y ont été conservées et sont les seules décorations figuratives que l'on y trouvera.



On accède enfin par un double escalier à la crypte du transept où sont conservés les tombeaux des empereurs. Les escaliers primitifs étaient sans doute plus larges.Les ossements qui ont fait l'objet de plusieurs mouvements ont été finalement disposés tardivement et redisposés dans cette espace qui est vite apparu trop étroit pour tous ses hôtes. On est frappé de découvrir des sépultures impériales reconstituées à l'identique fort modestes en comparaison de la majesté du lieu.